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Quel bonheur de tourner les pages et de n’y revenir que part sursauts. À la table de cette autre et millième terrasses, l’odeur d’un parfum me transporte et m’entoure ; les gens se déplacent
lentement chargés de sacs. La file d’attente devant la boulangerie n’est plus étirée mais réduite. Il m’est étonnant de reprendre un souffle dans les images mouvements du monde. La plupart du
temps, je suis en filigrane l’espace infinitésimal de ces pages blanches. Un monsieur de rouge, casque, tee-shirt, scooter s’avance dans la rue en pente qui rejoint le boulevard. Aujourd’hui, je
n’ai pas envie de peindre des miroirs. Ce matin, je déconstruirai les angles des architectures trop cubiques. Nomade, je jouerai du déplacement pour désorienter le point fixe du spectacle. Je
donnerai rires aux murs vieillis, rendrai légères les pierres bâties de l’Etat, devrai-je pour cela rejoindre le bleu étoile.
Ek-sistence : sériel du déplacement, bribes pulsives d’un aérodynamisme sur siège mobile, j’emprunte les réseaux internes de la pensée.
La file d’attente a repris de sa continuité, une distance porte les patients jusqu’à la rive du trottoir. Boulangerie Pâtisserie d’une vie idéale. Les couleurs de l’été se sont posées sur les
visages. Les rues fourmillent de présences passagères et les terrasses des restaurants sont bondées à onze heures du soir. Je me retire dans les vagabondages diurnes de la mémoire ; c’était hier
déjà. Un bonjour placide me ramène à la réalité nocturne de l’indifférence. Les cordes de ma sensibilité viennent d’être heurtées par un météorite. Cela me mène aux travers de l’inconstance, ou
de l’inconnaissance des gens-nuages porteurs d’ombres. Je ne saurai renvoyer ici la couleur du contrôle de leurs colères offensives. Je construirai ce pont où la beauté noire parvient jusqu’à
l’image surréelle et toute symbolique de la grâce. Je peindrai à la porte des amertumes les lèvres roses du contentement.
(Un autre matin)
Au secours, à moi. Sauvez-moi ! Je regardais une fois encore cet homme au sourire de masque. Sa peau blanche et ses cheveux bruns poivre et sel, me firent croire en la présence de Dracula au
sortir d’un conte. Je relevai la tête de mon sac-cachette et retenais les maux des comptoirs terrestres voulant saillir. La bouche empâtée des sels d’une soirée qui eût été radieuse s’il ne me
fallait au réveil plancher sur de nouveaux exercices. Aux croisements des forfaits stomacaux, un homme apparu dans mon champ de vision. On eût dit un artiste performeur qui aurait troqué son
identité contre celle d’un autre. Chaussures, pantalon, chemise blanche rayée de bleu. Il tirait derrière lui un diable chargé de différentes pièces d’un ordinateur familiale à reconstituer. Tout
y était rangé en ordre en parfait cadre technicien qu’il représentait. Cet homme était-il artiste ? Ou était-il une image véhicule ? Il pouvait être comédien et relever dans cette pièce du
stéréotype vendeur d’intertextualité. Je sorti rapidement « as rolling stone » de cette mousse, et me proposa subitement un mot de liaison, un mot qui devînt la forme légitimée d’un mot survie.
Je pu dès lors écouter le ciel et parfaire les étoiles rives du sommeil profond. Je me servis de mes nageoires pour survivre aux maîtres de la raison. Je vis s’enraciner au loin toutes les
espèces motorisées de démangeaisons mentales. La petite surprise fût de ne pas tomber dans les filets de l’auto-contemplation que certains confondent avec méditation. Qu’importe les vagabondages
!
(un autre matin)
Au son de mes headphones, les rues colorées défilaient, fenêtre ouverte sur le monde. J’étais devenu un habitué de cette terrasse et pensai que nous pourrions faire une fête et célébrer cela.
Voici donc l’aspect développé et réactualisé du culte de Dionysos. Construire de nouvelles célébrations. Célébrons donc l’ensemble de nos vies aux sons articulés de cette musique.
À l’intérieure de ces matins animés des plus fraîches perceptions, le rythme d’une basse poétique transporte vers l’ailleurs musical des histoires à construire. Des mythes contemporains faits de
voyageurs et d’artistes qui prirent un jour l’embarcation des désirs pulsionnels. Amarrés à la portée, les instruments nous ont offert leurs soutiens pour un Cap Vert. De là, il nous est aisé de
redéfinir l’ensemble des possibles.
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