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Le jardin sentait le parfum, non celui des plantes, mais des cosmétiques. Je ne pu sentir les roses et je gardai une forme agréable de légèreté. Le rideau des nuages s’abaissait sur la ville ; quant à moi, je retournai marcher dans les champs de l’espoir. Mes incertitudes, je les garderai et ne livrerai que des apparitions. Le cœur penché sur les rives, j’observai le ciel et d’ici, je recouvrai la vue de l’aigle. Je survolai les plaines terrestres pour regarder de l’autre côté du pont. Du croissant de cette vieille lune au cercle de ce vieux soleil, je m’éloignai, afin que le surplus ne tarisse cette résurgente passion. Il est un sang nouveau qui cicatrise d’anciennes plaies. L’amour est ce parfum qui appartient à d’autres sphères : il appartient au vol habité.
Je quittais l’image pour vivre. Vivre cet amour qui s’observe en la nuit : la beauté. Compagne passagère, volutes d’une gestuelle à mi-chemin. Voyage à travers un désir qui se présente, informel, toujours sujet au dénigrement.
Je rendrai donc à la beauté sa lettre de noblesse : fantasmes intuitifs de l’imagination. Je broderai en esprit les plus belles villes, la plus belle ligne des êtres. Que les silhouettes
deviennent corps de vie ! Que les plus grands scénographes reconstruisent les artères de nos rues, que les poètes joignent à l’irréel l’étreinte ! Que nos musiciens sortent dans les
faubourgs et que chaque personne s’improvisent créateurs d’une danse inconnue !
Je regardai entre deux vieux bâtiments la cime des arbres. Le vent rafraîchit l’air encore humide de la nuit. La terre du jardin disposait ça et là les couleurs cendrées de la pluie. L’automne avançait à petits pas. Ici, on parlait de la cueillette des champignons, l’on disait aussi : ramasser. On amène à soi le butin de girolles, de morilles dans l’arrière pays du lieu dit : le Pic Saint Loup. Un loup saint qui ne mange plus les hommes, car aujourd’hui l’on sait d’une part, qu’il n’y a plus de loups, et d’autres part que Pierre n’aurait pas à mentir puisque les loups n’attaquent pas les hommes… En fait, les loups s’attaquent aux petites chèvres et pis c’est tout ! Il nous faudra donc d’autres contes et légendes pour que l’homme puisse s’effrayer encore. Personnellement, je préfère les histoires drôles lorsqu’elles ne sont pas trop longues ni trop intelligentes. De là, elles offrent à tous un moment d’équité. Je pourrai parler de ton sourire et de tes éclats de rires qui me transportaient dans un soleil intérieur ; le fil du temps nous accompagna souvent et encore. Aujourd’hui, il me reste ces rêves intimes entre la fin de nuit et le petit jour. Cette distance que nous avons toujours partagée et que je vis actuellement. C’est étrange comme le « noûs » se lie à la poésie. Une forme immatérielle associée aux fluides, aux transfigurations sémantiques. C’est encore, la relation d’absence où l’on pourrait croire qu’une séparation des corps distend les âmes, mais il n’en est rien, seuls les êtres chers y habitent, seul le temps pour certain étiole. Je pourrai rimer avec Eole le vent qui souffle sur les cœurs. Se sont ces pensées mobiles pareilles aux nuages qui se forment et se déforment sur une profondeur imperceptible.
Je rallumai ce mégot éteint. Le geste me plu j’y trouvais encore une certaine beauté.| Mai 2012 | ||||||||||
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